Expérience et leçons apprises du Cameroun en matière d’élaboration du Readiness Preparation Proposal (R-PP) dans le cadre de l’initiative REDD+

Les effets néfastes des changements climatiques au vu de leur impact, mettent les nations du monde en face de deux éventualités existentielles : s’adapter ou disparaître à terme. C’est dire que les pays sont appelés à faire des choix intelligents pour leur survie actuelle et future ou alors s’engager inexorablement dans la voie du suicide, en restant les bras croisés face aux mutations que subit l’environnement. Autant le dire, dans la plupart des cas, fort heureusement, la première hypothèse l’a toujours emporté sur la deuxième, si différences il y a eu, elles se situeraient davantage au niveau des choix stratégiques définies par chaque Etat en terme de priorité de développement.
Pour sa part, fidèle à ses engagements internationaux et face à l’impératif catégorique de garantir un développement durable à l’ensemble de ses populations, le Cameroun a mis en place des politiques publiques propices à la lutte contre les Changements Climatiques (CC), notamment en terme d’ adaptation (PNACC - Plan National d’Adaptation aux Changements Climatiques) et d’atténuation (R-PP et Stratégie nationale de Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des Forêts, conservation des forêts, gestion durable et augmentation des stocks de carbone (REDD+)).
S’agissant particulièrement de la REDD+, elle est inscrite, parmi les priorités du Gouvernement compte tenu de l’impact qui en est attendu sur les populations, notamment les plus défavorisées que sont les jeunes, les populations autochtones et les femmes. C’est donc à juste titre qu’aucun effort n’a été ménagé par le Cameroun pour assurer la validation de sa Readiness Plan Idea Note (R-PIN) en
2008 par la Banque mondiale, ce qui a ouvert la voie à l’élaboration du Plan de préparation à la REDD+ (RPP). C’est un autre défi important que le Cameroun a relevé, à travers la mise en place d’un processus participatif et inclusif, ayant abouti à la validation en février 2013 de son RPP par le Comité des Participants du FCPF de la Banque Mondiale dès sa première soumission.
Au vu du succès engrangé au niveau conceptuel, le modèle camerounais en matière de REDD+ appelle aujourd’hui un questionnement pour mieux comprendre les fondements de son succès, afin de partager l’expérience du pays et les leçons apprises dans la perspective de l’élaboration d’un guide sous régionale en la matière. Aussi, plus qu’un devoir d’inventaire, l’initiative prise par les auteurs de la présente étude, mérite d’être saluée, car elle représente à la fois un laboratoire pour des pays en passe d’emboîter le pas au Cameroun en matière de REDD+, mais également un réservoir d’idées pour les processus similaires dont l’ incubation est attendue au niveau sous régional. En feuilletant ce document, vous apprendrez que sans faire entorse à la règle, le R-PP du Cameroun est le fruit d’une concertation purement interne, alliant à la fois l’expertise des consultants nationaux, la pugnacité de la société civile et le pragmatisme du secteur privé, le Ministère de !’Environnement de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED) et les autres administrations jouant un rôle de régulation et d’orientation.

Au vu de la complexité de l’exercice auxquels se sont livrés les auteurs de l’étude, il n’était pas évident, de ressortir tel qu’ils l’ont fait pour chacune des composantes du R-PP, une synthèse des leçons apprises regroupant les approches, les démarches, les résultats obtenus et les principaux enseignements. Le présent document a le mérite de l’avoir fait et l’expérience camerounaise en matière de REDD+ à ce stade de son processus s’en trouve davantage capitalisée.

C’est dire que nous avons affaire à une production, mieux un marché d’idées dont les preneurs se recruteront dans toutes les sphères : étudiants, chercheurs, consultants, organisations de la société civile, secteur privé, administrations, institutions sous-régionales et internationales, partenaires au développement et de la conservation, etc. Bref, cette publication à bien d’égards apparaît incontestablement comme un précieux outil de référence en matière de gestion des connaissances sur le processus REDD+ en général et au Cameroun en particulier.

Par conséquent, j’invite chacun à se l’approprier. Pour ma part, mon département ministériel ne ménagera aucun effort pour assurer sa large diffusion.

Je saisis l’opportunité de cette étude pour remercier tous les partenaires au développement qui accompagnent le Cameroun dans la promotion du développement durable. Plus particulièrement, le Gouvernement salue les efforts financiers mutuellement consentis par le Fonds pour les Forêts du Bassin du Congo (FFBC) dans le cadre du Projet « Appui à la participation multi-acteurs au processus REDD+ » et du Ministère des Affaires Etrangères du Royaume de Danemark (DANIDA) dans le cadre du projet« Towards Pro Poor REDD+» à la réalisation du présent document que publie l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Je félicite par ailleurs l’équipe de rédaction qui a réussi à traduire l’expérience en un manuel didactique qui peut inspirer les pays dans leur démarche d’élaboration du R-PP.

                                                                                                                                    HELE Pierre 

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Cameroon